Le 1er Septembre 2010 - n° 17 - Chat, alors !

NUMÉRO SPÉCIAL
On ne le saura jamais. On ne connaîtra jamais le fin fond de cette histoire ; tout ce dont on est sûr, c’est que cette histoire s’est passée lors d’une froide nuit de fin d’été, au square Carnot de Cannes et du Cannet, vers minuit, semble-t-il. Seuls les grands arbres du splendide jardin en gardent peut-être la mémoire. Mais il est difficile d’interroger les arbres quand ils sont en perte de feuilles à l’orée de l’hiver. Ce dont on est certain, c’est d’avoir entendu, venant du bassin de notre Poisson Chat, un long miaulement qui s’étira jusqu’à la lune.

-"Pas la peine de lancer des appels à témoins !" se gaussa le Poisson Chat. "Pas la peine de raconter du n’importe quoi sur moi et par-dessus le marché d’en rajouter sur le n’importe quoi ! Il suffit de me demander à moi ce qui s’est passé."-"Encore que, ajouta tout bas le Poisson Chat, j’en suis toujours à me demander ce qui s’est passé."

Chat, alors ! Chacredieu de Chacrebleu de Chapristi de Chaperlotte de Chaperlipopette ! Quelle chalade que tout chat ! C’est sûrement un Chanular de quelqu’un qui aura voulu me clouer mon Chapelet, parce que trop Chapricieux, trop Charactériel, pas assez Chage ! Trop de Chattemites et de Chatteries ! Quand je me rappelle, j’en ai encore la Chamade dans le cœur, des Chatouillis dans la tête. Ça Chahute, Chahote et Chaloupe dans mon estomac. Ça Chabriole dans mes écailles et mes moustaches. Ainsi se souvint notre Poisson Chat. Des senchations toujours aussi vives et désagréables de cette insomnie, lors de cette froide nuit de fin d’été.

Lorsqu’il ouvrit ses beaux yeux globuleux, il n’en revint pas du spectacle qu’il offrait aux grenouilles endormies. Deux courtes oreilles avec petits toupets de poils sur les pointes. Quatre pattes velues se terminant en griffes acérées. Longue queue souple et ondulante. Pelage soyeux sur tout le corps. Ceci pour l’aspect extérieur. L’intérieur était pire encore.


Pris de panique, notre malheureux Poichon, touchota pour s’éclaircir la voix. Quelle Chatastrophe, ce fut ! Un immense miaulement grimpa jusqu’à la lune en bousculant quelques étoiles qui tentaient de s’interposer.

Notre Poisson Chat opéra aussitôt un repli Chalutaire. Chauve qui peut !

-"Moi, je me charapate au fond de mon bassin. Nous verrons bien quand le nouveau jour se lèvera."

-"Chat, alors ! Je l’ai retrouvé mon bout de nom qui était tombé au fond de mon bassin."

Et le Poisson Chat, soulagé, se recolla sur ses écailles … LE POISSON … qui s’était détaché.



C’est tout pour aujourd’hui. A la prochaine fois !