Fête des Petits Loups








Fête des Petits Loups

Mercredi 29 février 2012

On ne saura probablement jamais comment s’appelait ce petit loup venu en grande tenue douillette, sous un soleil digne d’un printemps indien, dans notre jardin Callandry, pour savourer chaque instant d’une fête toujours plus extraordinaire d’année en année.

Même si – et pourquoi le taire – on eût aimé que nos petits loups fussent aller gambader, rire et chanter jusqu’en territoire cannettan, ne gâchons pas pour autant le moment du plaisir de se souvenir ! Et ne compromettons pas nos vœux pour 2013 où notre boulevard dans son entier fêtera dignement l’arrivée du printemps, et le retour chez nous de toutes ces petites frimousses et de leur grand bonheur de fouler les trottoirs de notre quartier. A les entendre lors de cette quatrième édition, il n’y avait pas mieux que Carnot pout y faire carnaval, grande parade et dégustation de friandises.
Tout un chacun y avait mis du sien pour accueillir dignement ce petit monde qui ne demandait qu’à savourer les plaisirs offerts, l’espace d’un après-midi. Rien n’aura manqué ! Magnifiques animations de la Ville de Cannes, petits musiciens et chanteurs du Conservatoire et de l’Ecole de musique, et – s’il vous plaît – une vraie fausse boîte de nuit avec lumières jaillissantes au Club Bel Âge, pour la jeunesse en culottes courtes. Protection policière à tous les coins de rues, et, pour le plaisir des yeux, très attendues chaque année, les deux stars venues du Massif forestier de la Croix-des-Gardes, ces deux chevaux et leurs cavalières de la Police montée de Cannes.
Mais, sans eux, pas de fête ! Nous voulons dire les commerçants de Carnot. Une fois de plus, ils ont été formidables et ne se sont pas fait prier pour réserver aux bambins, leur meilleur accueil ; Chacun à sa façon. Et pour tous, une joie intense de participer comme au bon vieux temps, à la fête du village.
A l’année prochaine !
-" Hep ! Hep ! Vous n’auriez pas oublié quelqu’un, par hasard, dans votre déluge de compliments aux autres ?"
- "Voyons, voyons, réfléchissons ! Mais bon sang, c’est bien sûr ! Pardon à Vous, les Grand’ Mères du Chaperon Rouge ! Vous étiez pourtant si mignonnes, si remarquables et si remarquées avec vos tabliers, charlottes et autres bonnets fleuris."
A l’année prochaine !

Des nouvelles de nos ancêtres, les Cannois et Cannettans

De ceux du quartier Carnot uniquement ! Ce n’est pas parce que les autres ne nous intéressent pas, loin de là. Mais c’est parce que notre spécialité à nous, c’est Carnot et rien d’autre. Avouez que depuis le temps qu’on cherche et qu’on soulève la moindre pierre de notre quartier, pour y trouver des trésors enfouis, on a fini par déterrer une histoire éblouissante qui a fait pâlir toutes les autres histoires de tous les autres quartiers des environs. Que voulez-vous que l’on vous dise ! C’est ainsi. Et vous ne parviendrez jamais à nous raboter notre chauvinisme. Vous en avez, vous, d’autres aussi beaux boulevards que celui de l’ancien boulevard de la Foncière Lyonnaise, l’actuel boulevard Carnot, futur Champs-Elysées de Cannes et du Cannet. Eh bien, oui, c’est comme ça !

Aujourd’hui donc, petit détour en ces 19° siècle finissant et 20° siècle commençant.
Carnot malgré les interdictions faites à ce beau quartier qui vient de naître en 1883, est un lieu très coquin où l’on ne boude pas son plaisir. Certes, certes, sur chaque table de nuit, le nouvel ouvrage qui vient de paraître : De l’Abus des Plaisirs dans l’Education Contemporaine par l’Abbé Demange, Chanoine honoraire de l’Ecole Saint-Léopold. Mais bon, on n’abusera pas des plaisirs offerts par ces dames qui officient, d’après ce que nous savons, dans trois jolies demeures closes (act. rue Léon Noël et rue Michel-Ange et plus au Nord vers la rue de Dunkerque). Refermons chastement cette parenthèse !

A présent, la Réclame pour un nouveau quartier qui a bien du mal à démarrer. C’est même le marasme en pleine crise économique mondiale. Décidément rien ne va plus dans notre belle contrée. Spéculation immobilière effrénée. Faillite retentissante des banques locales dont la célébrissime banque Rigal. Cannes est ruinée. La Société Foncière Lyonnaise n’entend cependant pas perdre trop de plumes après avoir autant investi dans la création de son nouveau quartier. Quelle solution ? La réclame, toujours plus alléchante, toujours plus attractive. Les journaux, chaque jour, chaque mois, chaque année, sont inondés d’une publicité où il est fait état de mise en location de beaux appartements de 700 fr. à 1 000 fr. , tous pourvus de gaz, eau, salle de bain, sonnerie électrique dans tous les logements qu’elle possède de l’entrée sud du boulevard jusqu’à la Place Vauban.

Fleurissent également les premiers commerces. Non sans mal, certes ! Là encore, la Société ne ménage pas ses efforts à grand renfort de publicité pour louer ses locaux. Et ça marche. Deux hôtels : l’hôtel du Louvre, boulevard d’Alsace au-dessus de la boutique Poupette – doté d’un excellent restaurant pour les diners en ville ou les diners de noces. L’hôtel de Paris – au n° 6 du boulevard – jolis appartements, fraîchement décorés et meublés avec salle de bains. Prix très avantageux. S’installe aussi le très sélect Grand Café-Riche – au n° 1 du boulevard. Tout Cannes s’y bouscule. Deux salles de billard. Rafraîchissements de premier choix. Garçons parfaitement stylés. Et cerise sur le gâteau : des soirées musicales si courues que lors des douces nuits d’été, tables supplémentaires et fauteuils gainés de cuir rouge seront installés sur la chaussée du boulevard. A souligner, la propreté et le confort des waters-closets installés dans une cour bien claire et bien aérée. Une question d’hygiène très appréciée, car il n’est que trop vrai que c’est là que pèchent la plupart des cafés.
Hôtels, café, mais aussi l’imprimerie Cruvès fils - au n° 3 - et quelques salons de coiffure réclamés à grands cris par les nouveaux habitants de ce quartier ainsi qu’un bureau de tabac, la Civette Carnot, d’aujourd’hui encore. Et le pain ? Installation dès 1884 de la Boulangerie Modèle - au n° 6 du boulevard. Tellement modèle qu’elle fait aussitôt ombrage à toutes les boulangeries des environs. La Direction prévient Messieurs les Boulangers de Cannes et du Cannet qu’elle est prête de traiter avec cette concurrence. Quoi d’autre encore ? Avis aux chasseurs ! Valentin Vincent, armurier, vient d’ouvrir une nouvelle boutique à l’entrée du boulevard. Articles de chasse de la meilleure provenance et des premières fabriques de Saint-Etienne et de Paris. Toutes les armes sont garanties.
Plus de microbes dans les eaux ! Au n° 7 du boulevard, M Féaut pourra vous procurer des filtres Chamberland, système Pasteur, supprimant d’une manière absolue toutes matières organiques ou inorganiques. Mais la palme revient à ce commerce le plus charmant que nous avons gardé pour la fin, celui de Mme Vve Bois qui ferme sa boutique A l’Eternel Bonheur de l’avenue de Grasse, pour ouvrir son nouvel établissement à l’entrée du boulevard, le très apprécié Au Sablier. Maison d’objets funéraires et d’objets de piété, sous les fenêtres du célébrissime Grand Café-Riche. A bon entendeur !


A Plume !



Post-scriptum : à tous ceux qui seraient restés sur leur faim ou qui, simplement, douteraient de la véracité de nos propos, à tous les adeptes de vérité ou à ceux friands de ces petites histoires qui redonnent vie à notre passé, c’est facile. Votre recherche sur Google : Archives Cannes, Collection journaux anciens. Passionnant !
Autre post-scriptum : à tous ceux qui n’y seraient pas encore allés, votre recherche sur Google : Renaissance Carnot. Emerveillement garanti avec la découverte du site de notre association. Somptueux et d’une richesse à la dimension de notre immense boulevard.